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Les éruptions
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Des interprétations erronnées |
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Les conclusions de la commission scientifique laissent perplexe ; elles expliquent en partie les réactions qui ont conduit au drame de 1902. Ce que nous pouvons affirmer : C'est que l'éruption du 5 août a été un événement tout local, borné cette fois à la ravine dite Rivière-Claire, et dont les effets ne se font voir que dans une ère de 8 à 9 cents mètres au plus. (...) Que les cendres ou boues sont les seules matières rejetées par le volcan. Que nous n'avons trouvé ni laves ni roches même de la plus petite dimension qui pussent être rapportés à l'éruption. Que la constitution géologique de la Montagne-Pelée faite rapidement il est vrai, et avec des connaissances bornées, n'a pas fait voir de coulées de laves. (...). Ces laves existent surtout dans le voisinage des volcans qui vomissent du feu. Que cette constitution géologique de la Montagne-Pelée porte à penser que les éruptions précédentes dont cette Montagne a pu être le siège (éruptions dont on trouve au moins deux cratères, l'étang sec et le lac actuel.) ont dû être de la même nature que celle du 5 août. Que tout atteste que ce volcan doit être rangé au nombre des volcans de cendres et de boue et non des volcans de feu. (...) Que la Montagne-Pelée examinée dans tous les sens n'a présenté ni fentes, ni éboulement, ni déplacement des eaux, que par conséquent l'action de l'éruption du 5 août a été très circonscrite. Que la ville de St.-Pierre située à plus de 10 kilomètres et le bourg du Prêcheur à 7 kilomètres ne paraissent avoir rien à redouter des éruptions même beaucoup plus considérables que celle qui vient d'avoir lieu. Que rien dans le sol sur lequel ils reposent n'indique de grands bouleversements : que pour atteindre l'habitation Ruffin et l'habitation Eynard qui sont les plus proches des bouches il faudrait supposer un désordre bien autrement important que celui qui a existé. Que les matières vomies par les bouches actuelles n'ont pas atteint dans le voisinage même de ces bouches une hauteur de plus d'un mètre ; qu'elles trouvent par la pente générale des lieux et par le creusement de la ravine de la Rivière-Blanche un écoulement naturel dans le lit de cette rivière qui les porte à la mer. Aussi les cultivateurs des habitations qui avaient fui dans la première surprise excitée par l'éruption, ont depuis regagné leurs demeures, et se livrent à leurs travaux, sans faire attention aux détonations qui ont lieu de temps en temps, non plus qu'à l'odeur d'hydrogène sulfuré qui se fait sentir continuellement. (...) Donc en résumé le volcan de la Montagne-Pelée ne parait devoir être qu'une curiosité de plus ajoutée à l'histoire naturelle de notre Martinique, curiosité que les étrangers voudront visiter et qui par l'industrie des habitants peut-être une source de santé et de richesse. Par un temps calme les navires qui arrivent de France et qui voyent onduler au loin ce long panache de fumée blanche, qui s'élève droit vers le ciel, doivent trouver que c'est une décoration pittoresque ajoutée au pays et le complément qui manquait à la majesté de notre vieille Montagne-Pelée. Cette interprétation sera lourde de conséquences près de 50 ans plus tard, puisqu'elle confortera nombre d'habitants de Saint-Pierre et de la région Nord dans un sentiment illusoire de sécurité. |
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Une commission scientifique locale fût nommée et organisa une expédition vers le centre éruptif. La description du cratère est saisissante. (...) A mesure que l'on monte la couche de boue devient plus épaisse, les pieds y enfoncent et s'en détachent difficilement. Malheur aux mauvaises chaussures ! En même temps l'arrête que nous suivions se rétrécissait : il arriva un moment où nous avions à l'Est, à main droite la ravine de la Rivière-Blanche et à l'Ouest, à main gauche la ravine de la Rivière-Claire. C'est celle-ci que nous cotoyions guidés par les fumées qui s'en échappait. Nous marchions le long de ses bords, sur une crête haute de 50 à 60 mètres ; à nos pieds s'étendait, maintenant, bien à découvert, la ravine ou vallée de la Rivière-Claire. C'est alors que nous pûmes contempler dans toute leur étendue et dans toute leur horreur les effets de l'éruption du 5 août. La verdure a disparu de ces lieux dont ils étaient autrefois le siège éternel. Arbres, feuilles, fleurs tout est enveloppé comme dans un linceul grisâtre. C'est la tristesse de l'hiver avec ses arbres dénudés et salis par une neige noire. (...) Un silence lugubre, un ciel obscurci par des vapeurs, un atmosphère chargé d'une forte odeur d'hydrogène sulfureux, complète cette scène digne du Tartare. La pente de la ravine, siège de cette désolation, est très rapide ; elle court de l'Est à l'ouest, depuis le haut du pic de la Montagne-Pelée désigné sous le nom de Morne-Lacroix, mais le sol n'en est pas uni il est entrecoupé de plusieurs falaises, ça et là au milieu de la teinte grise générale, on découvre quelques déchirures où le sol est à nu, ce sont des éboulements produits peut-être, par les vapeurs du volcan ou, par les secousses qu'il a dû imprimer à la terre autour de lui. (...) En haut de la vallée s'élèvent deux gerbes d'une fumée blanchâtre qui indique la présence de deux bouches volcaniques versant sur la vallée et les lieux d'alentour la boue qui les recouvre. (...) Une hauteur barométrique prise en ces lieux donna une élévation de 966 mètres au-dessus du niveau de la mer. (...) Alors promenant un regard sur cette scène de désolation, nous estimâmes que l'action de l'éruption volcanique s'était exercée dans un périmètre de plus de 8 à 900 mètres. |
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Chronologie de la crise éruptive |
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A partir du mois de mars 1929, plusieurs témoins rapportent un regain de l'activité fumerollienne au dessus du volcan. Le 16 août, vers 21h45, une éruption soudaine se produit. Elle se traduit par l'émission d'une colonne de vapeur, et de légères chutes de cendres sur les localités sous le vent de la montagne Pelée, et quelques éboulement sur les bords du cratères. Dans les semaines qui suivent, les phénomènes observés diminuent progressivement en intensité.
Le 16 septembre 1929, vers 22h00, une nouvelle éruption, plus violente détermine les autorités à soutenir les évacuations spontannées de la région volcanique. Les retours seront autorisés au début du mois d'octobre après avis d'un géologue français de passage en Martinique.
Le 14 octobre, à 4h00 du matin, se produit une autre éruption bien plus forte que les précédentes. Une pluie de cendres s'est alors abattue sur le Prêcheur.
L'intensité de l'éruption du 18 octobre n'aura alors rien de comparable aux manifestations précédentes ; elle se déclenche à 1h00 du matin et couvre de cendres tout le versant Ouest.
Le 22 octobre, à 17h00, une éruption émet une coulée pyroclastique qui, en suivant la vallée de la rivière Blanche, mettra 10 minutes pour arriver à la mer.
Panache au-dessus de la montagne Pelée en éruption, 1930 (ph. Perret / Carnegie Institution of Washington)
Les éruptions se feront beaucoup plus fréquentes, même si elles diminuent en intensité. Des coulées pyroclastiques, liées à la croissance d'un second dôme dans la caldeira, se sont produites ainsi jusqu'en décembre 1932. Elles ont toutes été canalisées dans la vallées de la rivière Blanche. Construction par la population de Saint-Pierre d'un poste d'observation sur le morne St. Martin, novembre 1930 (ph. Perret / Carnegie Institution of Washington)
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Peu après l'éruption, la zone de St. Pierre fût complètement abandonnée, le territoire communal a été rattaché à celui du Carbet. Cependant, peu à peu, des familles attirées par le prix avantageux des terrains se sont installés dans la région, animées par le désir de rebâtir la cité mythique. |
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Témoignages de survivants |
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Il existe des histoires remarquables concernant les survivants de la catastrophe du 8 mai 1902.
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