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Témoignages de survivants


Il existe des histoires remarquables concernant les survivants de la catastrophe du 8 mai 1902.

Cyparis -Ph. Lacroix

Certaines sont complètement fabriquées, rapportées dans certaines litteratures, mais jamais mentionnées en Martinique même, ou jamais approfondies....(Ainsi l'histoire de la petite fille "Havrila D'afrile" rapportée dans la littérature anglophone... histoire abracadabrante aux yeux de quelqu'un familier des lieux, des distances, et de la nature des phénomènes volcaniques!)... Par contre, les récits de survivants tels que rapportés par les volcanologues ou les journalistes qui se sont effectivement rendus sur le terrain sont tout à fait intéressants. Ils nous permettent de comprendre la nature et les caractères de la nuée ardente, et de mesurer l'étendue de la catastrophe.

 

Seules deux personnes qui se trouvaient dans la ville ont pu survivre au passage de la nuée ardente : Cyparis et Leon Compère. Quelques autres personnes qui se trouvaient sur les bateaux dans la rade ou des quartiers dans les abords de Saint-Pierre ont également été enveloppées par le souffle et ont pu survivre. En fait, les seules personnes qui ont pu échapper à la mort étaient soit abritées à l'intérieur d'un bâtiment, le cachot d'une prison, ou l'intérieur d'un bateau, où le contact avec la chaleur intense de la nuée ardente a été minime. Sur les bords de la nuée ardente, les températures n'étaient pas assez élevées, le souffle suffisamment puissant pour tuer instantanément ou pour provoquer des blessures fatales. Le témoignage de MM Lassère et Simonet, quittant Saint-Pierre vers le Morne-Rouge sur une carriole tirée par des mules (de Kennan, 1902, disponible en français : Le désastre de la Pelée, Editions Ibis Rouge, 2002):

" Ils l'ont vu venir juste quand ils commençaient la montée du Grand-Réduit, et à coups de fouet, ils ont lancé leurs mules au galop avec l'espoir d'y échapper ; mais le bord oriental du nuage les rattrapa à environ vingt mètres du crucifix, au sommet de la colline. Il approcha dans un vrombissement galopant, les frappa à la manière d'un vent très violent, retourna et détruisit complètement la voiture, libérant ainsi les mules. Le nuage a alors continué jusqu'au sommet du Grand-Réduit, les laissant abasourdis, brûlés et à moitié morts dans le véhicule renversé. Ils n'ont pas vu de flamme ou de feu, n'ont rien relevé de semblable à des gaz suffocants, et ils n'ont rien senti, sinon ce qu'ils ont décrit comme " l'odeur de la fumée dégagée par la lave ". Tous deux ont ressenti la chaleur intense du souffle quand il les a enveloppés, mais M. Lassère ne s'est pas rendu compte qu'il était gravement brûlé avant qu'il ne rampe hors de la voiture accidentée. L'obscurité est tombée très rapidement après, mais ils sont parvenus à se réfugier dans une petite case abandonnée, près de la petite chapelle ou oratoire, et là, ils ont attendu qu'il fasse suffisamment clair pour marcher jusqu'au Morne-Rouge. Leurs vêtements ne montraient aucune trace de brûlure, mais leur dos était terriblement brûlé ou échaudé en dessous. La peau de leurs mains avait pelé, et pendait en lambeaux ; et quand ils sont arrivés au Morne-Rouge, on a dû leur couper les chaussures afin de dégager leurs pieds brûlés et enflés."

Cyparis est très certainement le survivant le plus célèbre de la catastrophe, sa mésaventure a fait le tour du monde, notamment après qu'il ait été engagé par le cirque américain Barnum & Bailey pour montrer ses cicatrices impressionnates. G. Kennan (1902) fût l'un des premiers occidentaux à rencontrer Cyparis au Morne-Rouge, peu de temps après avoir été sorti de son cachot par des habitants de la commune...

"Au moment de notre visite au Morne-Rouge, la personne la plus intéressante, après le père Mary, était Auguste Cyparis, un criminel qui se trouvait dans un cachot de la prison de Saint-Pierre pendant la destruction de la ville. Nous avions entendu parler de cet homme à Fort-de-France, et on nous avait dit qu'il était le seul survivant de la grande catastrophe. Mais nous n'avions trouvé personne qui l'avait vu, ou qui savait où il était, et nous avions finalement pensé qu'il était le produit de l'imagination de quelque journaliste. Le père Mary cependant, nous assura qu'il existait vraiment, et qu'il avait été emmené au Morne-Rouge quatre jours après le désastre par deux Noirs qui l'avaient trouvé par hasard dans les ruines de la ville."

Le cachot de Cyparis -Ph. Lacroix-

Le second survivant de Saint-Pierre, Leon Compère, est beaucoup moins connu. Sa mésaventure est rapportée par le professeurr Alfred Lacroix. Sa maison était située au pied d'une colline perpendiculaire et opposée à la direction de la nuée ardente. Il n'a donc pas subi l'impact direct du souffle brûlant. Lors du passage de la nuée ardente, Leon Compère a trouvé protection sous une table. La chaleur avoisinante fût toutefois suffisante pour enflammer une chandail en laine accroché à une porte. Sa maison incendiée, il a quitté la ville en flammes, marchant sur les cendres brûlantes vers les hauteurs, en direction de Fonds-Saint-Denis. Il a été gravement brûlé.

 

 
 
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